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VIOLENCES SEXUELLES> Etat des lieux

Les femmes sont les plus touchées

Les violences sexuelles et celles basées sur le genre sont une réalité au Burundi. Des chiffres le montrent. Ainsi l’administration à la base doit s’impliquer dans l’éradication de ce fléau. En plus, le travail en synergie bien tissé est incontournable dans la lutte contre les violences sexuelles et d’autres formes de violence ?

04ADSelon Jacques Ndihokubwayo, conseiller à la direction générale de la Promotion de la femme et de l’égalité du genre au ministère des Droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, les violences en toutes ses formes existent dans notre pays.
Il a fait savoir qu’en 2015, ceux qui ont pu se présenter dans les structures de soins sont 15 348 victimes dont 12 597 femmes et 2 751 hommes. En 2014, ils ont pu inventorier 14 026 victimes et, en 2013, c’était 19 530 victimes.
Il a en outre souligné que les violences socio-économiques et psychologiques sont plus commises surtout au sein des ménages et que les cas de violences sexuelles et autres formes sont observées sur tout le territoire du pays.

Le ministère est à pied d’œuvre
M. Ndihokubwayo a indiqué que parmi les actions phares du ministère, il y a la sensibilisation pour que la population sache les types de violences et en quoi elles consistent. Car, a-t-il explicité, un enfant peut grandir dans une famille où la maman, au retour des champs, porte et sa houe et celle de son mari, en plus du bois de chauffage sur la tête et un enfant au dos et le papa derrière elle sans rien porter, sans se soucier de rien non plus. Cet enfant qui va y grandir va garder en sa mémoire que cela devrait être ainsi. Pourtant, a-t-il ajouté, au sein du ménage, le travail doit être partagé, ce qui accroit par ailleurs l’amour, l’entente et le respect mutuel.
Il a aussi souligné qu’aujourd’hui, l’accent particulier est mis sur les hommes et ceux qu’ils appellent les potentiels auteurs, comme les coiffeurs, les chauffeurs de motos et vélos, les rabatteurs, etc.

L’administration a un rôle incontournable
M. Ndihokubwayo a en outre souligné que la sensibilisation est aussi plus focalisée à l’endroit de l’administration surtout à la base. Cela dans l’optique de les interpeller à s’impliquer davantage dans ce chantier gigantesque. Car, a-t-il explicité, tout se passe dans les ménages, dans l’entourage, sur les collines. A cet effet, si le chef de colline n’est pas impliqué et sensibilisé dans cette lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG), on ne peut arriver nulle part.
Dans ce même ordre d’idée, a-t-il révélé, on amène l’administration à faire sienne ce combat menant à l’éradication de ce fléau. Ainsi, afin de manifester leur implication, il leur est demandé qu’une ligne budgétaire destinée à la lutte contre les VBG à la base soit incluse dans les Plans communaux de développement communautaire (PDCD), mais également qu’elle soit une priorité.
Par ailleurs, a-t-il explicité, si les violences dans toutes leurs formes sont nombreuses, dans une entité donnée, elles deviennent un handicap et un frein au développement de cette dernière.

Améliorer la prise en charge
Notre interlocuteur a également indiqué que le ministère ayant la lutte contre les violences sexuelles et d’autres violences basées sur le genre dans ses attributions compte améliorer la prise en charge des victimes de ces violences. Cela, afin que ces derniers puissent bénéficier de tous les services dans un même endroit. A cet effet, il compte ouvrir trois centres de prise en charge intégré. Ils seront implantés à Makamba, à Muyinga et à Cibitoke. Ces centres s’ajoutent au centre Humura de Gitega et Seruka de Bujumbura.
Il a aussi précisé qu’on compte promouvoir l’autonomisation de la fille et de la femme à travers le projet d’urgence relatif à la violence sexuelle basée sur le genre et la santé de la femme dans la région des Grands lacs. Ledit projet sera exécuté au Rwanda, en République démocratique du Congo et au Burundi. Les provinces de Muyinga, Makamba et Cibitoke sont concernées par ce projet au Burundi.
Toutefois, a-t-il déploré, des défis ne manquent pas, notamment la faible implication de l’administration à la base, le manque de moyens financiers, le problème de moyens de déplacement des CDFC alors qu’il leur est beaucoup demandé. L’autre défi concerne la faible collaboration au sein du réseau et de la synergie.
Les VBG constituent un problème à la fois de santé, de sécurité et de développement d’où l’implication et la contribution de tout un chacun s’avèrent indispensables. Surtout, l’administration à la base est invitée à prendre les devants dans cette lutte ainsi que dans la protection et le soutien des victimes. Ces dernières sont en revanche interpellées à briser le silence et à dénoncer les auteurs auxquels des sanctions sévères sont réservées.
Bénigne Gahimbare

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