ENTREPRENEURIAT ARTISTIQUE>Auto-développement

L’art fait aussi vivre

L’entrepreneuriat artistique est un secteur qui est encore à l’état embryonnaire au Burundi. Certains ont peur d’investir dans le secteur. D’autres ne s’y intéressent pas. Pourtant, ledit secteur a un rôle qui n’est pas moindre à jouer pour contribuer à l’auto-développement. Ceci ressort d’un entretien accordé le lundi 7 septembre 2020, par Gad Niyomukunzi, un jeune artiste et entrepreneur.

M. Niyomukunzi conseille aux parents soutenir et accompagner leurs enfants dans la découverte de leurs talents.(Photo Claude Hakizimana (Stagiaire)

«Prendre au sérieux les métiers artistiques et en être fier, cela pourra aider les artistes de différents domaines à produire beaucoup pour s’auto-développer».Tel est l’avis de M. Niyomukunzi, un jeune artiste burundais multi-talentueux. Il est en effet (peintre, poète, slammeur, chanteur et compositeur de chanson). Pour lui, le secteur artistique est un secteur inexploité. Il part du taux de chômage au Burundi avec les jeunes qui terminent leurs études tant secondaires qu’universitaires mais qui ne s’intéressent pas à l’art. « Certaines personnes disposent de différents talents. Mais, elles ne le savent pas. Elles ne veulent pas non plus les développer dans le but de s’en servir pour leur auto-développement », fait-il observer.

Un talent devrait être légué aux autres
M. Niyomukunzi compare en outre un talent à un arbre fruitier. « Quand on a un talent c’est comme si on a un manguier. Lorsque les mangues sont mûres, celles-ci sont consommées par plusieurs personnes, enfants et adultes », di-t-il en effet. Par conséquent un talent devrait être développé et légué aux autres à travers les formations. En ce qui le concerne, notre interlocuteur a dit qu’il s’est associé avec les autres pour constituer un centre dénommé Tanganyika Boy Foundation(TBoy) dont la responsabilité lui est confiée. L’objectif est de travailler avec d’autres jeunes et d’aider certains d’entre eux à découvrir leurs talents. «Nous avons un projet à long terme d’ouvrir un centre de formation en rapport avec les métiers artistiques aux enfants en situation de rue», souligne-t-il.

Protéger l’environnement
pour générer de l’argent

Notre artiste indique également que pour contribuer à la sauvegarde de l’environnement, ils ont conçu un projet de recyclage des bouteilles en plastique. Un groupe dénommé Makerspace a été à cet effet créé au sein de leur centre Tanganyika Boy Foundation, fait-il savoir. « Nous produisons des fleurs de beauté à partir des bouteilles en plastique jetés dans certains endroits de la mairie de Bujumbura. En plus de la contribution à la protection de l’environnement, cette fabrication de fleurs est une activité qui génère des revenus. Une fleur s’achète entre 10 000 FBu et 30 000 FBu. Le prix varie selon le matérielsutilisés lors de la fabrication. Néanmoins, il s’étonne du fait que les gens qui les voient en train de collecter ces bouteilles en plastique jetées les considèrent comme des personnes qui n’ont rien à faire.

Valoriser
les métiers artistiques

M. Niyomukunzi informe qu’il existe un autre groupe dit Tanganyika Boy Entertainment, une branche de la Tanganyika Boy Foundation. Ce dernier s’occupe principalement des productions artistiques, entre autres, les chansons, les slams, etc. « Souvent, nous sommes invités à participer aux différentes cérémonies, notamment de mariage, de dot et bien d’autres pour les agrémenter moyennant une certaine somme d’argent en contre partie», souligne-t-il.M. Niyomukunzi conseille aux gens, surtout les jeunes, de donner la valeur aux métiers artistiques car ces derniers peuvent les aider à sortir du chômage. Il appelle les parents, à soutenir, à accompagner leurs enfants dans la découverte de leurs talents.

Claude Hakizimana (Stagiaire)

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