ENFANTS DE MOINS DE CINQ ANS> Leur gestion émotionnelle

A ce stade les enfants n’ont pas de capacité émotionnelle forte

M. Ndayizigiye : « Le sein de la mère joue un double travail : nourrir l’enfant et soulager ses émotions ». (Photo Moïse Nkurunziza)

Les enfants de moins de cinq ans n’ont pas de capacité émotionnelle forte qui leur permet de réguler leurs émotions et leurs demandes qui n’ont pas eu de réponses. Cela ressort d’un entretien nous accordé le mercredi 11 novembre 2020 par Alexis Ndayizigiye, directeur de la Clinique de l’éducation et de la psychothérapie.

M. Ndayizigiye fait savoir que l’émotion chez l’enfant est un point fort et qu’elle est une réalité dès sa naissance. Par émotion on entend, selon lui, les expressions de joie et de douleurs ; les demandes et le stress qui peuvent ne pas être exprimés par le langage mais avec des signes, des gestes ou par le regard.

La période d’avant trois mois, une période plus importante
Notre interlocuteur indique que le stade d’avant trois mois est un stade plus important dans la vie de l’Homme. « Un petit enfant de moins de trois mois ne peut pas exprimer une demande. Il tente de se faire entendre par des réflexes qui sont incontrôlables comme par exemple les petits coups de pieds, un regard, des gémissements ou des pleurs », explique-t-il. M. Ndayizigiye indique que dans tous ces cas, la plupart de mamans se concentrent à donner le sein à leurs enfants. La raison est que le sein de la mère, pour les enfants de moins de trois mois, est le central des réponses de toutes les émotions. « Si un enfant a des douleurs, lorsqu’il se sent mal à l’aise ou a des complications digestives quand il suce le sein de sa mère, il est soulagé», précise-t-il.
M. Ndayizigiye affirme qu’il y a des parents qui, pendant cette période, oublient que les enfants ont besoin plus du sein de la mère pour soulager leurs émotions. « Le sein de la mère joue un double travail : nourrir l’enfant et soulager ses émotions ». Si l’adulte n’arrive pas à répondre favorablement à la demande de l’enfant, ce dernier, dans son incapacité, éprouvera déjà le stress. La raison est que le répertoire de stratégie de gestion de stress d’un enfant de moins de trois mois n’est pas riche. « Il est immature contrairement à l’adulte qui a déjà vécu un tas de situations difficiles et stressantes. Ce qui enrichit son répertoire émotionnel », informe-t-il.
Après trois mois, une période très délicate
Le psychologue Ndayizeye dit que la période comprise entre deux ans, est une période très épurée. A ce stade, l’enfant atteint petit à petit la maturation de son système nerveux. Dans ce cas, l’enfant reconnait son milieu de vie et ses proches. Il peut facilement exprimer sa demande soit à l’aide des pleurs ou d’autres signaux comportementaux.
Après trois mois, l’enfant a tendance à se familiariser avec le milieu parce qu’il rencontre des situations nouvelles et ces dernières sont marquées dans sa conscience. « Si un enfant demande quelque chose ou la refuse et que l’entourage le force ou ne répond pas favorablement, l’enfant aura tendance à l’âge adulte de toujours dire non quelle que soit la demande. C’est pourquoi vous rencontrerez des enfants qui ne respectent pas les injonctions », a-t-il expliqué.

Le stress, un élément dangereux
M. Ndayizigiye fait savoir qu’à cause du stress, les enfants manifestent beaucoup de signes physiques et comportementaux. Par exemple, un enfant peut ressentir des maux de ventre ou de la nausée alors qu’il n’est pas du tout malade physiologiquement. Le stress est, selon le psychologue, une des conséquences des émotions non exprimées pour les enfants de moins de cinq ans.
Il indique enfin que certains signes comportementaux peuvent prévenir une brutalité inexprimée et que cela peut persister jusqu’à l’âge adulte.
Moïse Nkurunziza

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