COVID-19 > Les mesures barrières et d’hygiène dans les provinces de Bujumbura Mairie, Ngozi et Gitega

Elles devraient être maintenues et renforcées

Dans différents endroits de la ville de Ngozi, les postes de lavage des mains sont installés, mais…
(Photo Grâce-Divine Gahimbare)

Le jeudi 8 octobre 2020, le ministère de la Santé publique et de la lutte contre le sida a sorti le rapport d’évaluation de la Campagne «Ndakira Sinandura kandi Sinandukiza Covid-19». Lors de la présentation de ce rapport, le ministère a recommandé que toutes les mesures barrières et d’hygiène soient maintenues et renforcées car même si la pandémie est maîtrisée sur l’étendue du territoire national, elle reste un danger public dans le monde et dans les pays limitrophes. Nous avons effectué des reportages dans les provinces de Gitega, Ngozi et Bujumbura mairie pour constater si la mise en œuvre de cette recommandation est effective. Ces reportages ont été effectués les 19, 20 et 22 octobre 2020.

Au parking de Gitega, les mesures de protection contre la Covid-19 ne sont pas observées à l’entrée qui donne accès sur la route goudronnée (Photo Grâce-Divine Gahimbare)
Les gens disent que la Covid-19 est éradiquée (Photo Grâce-Divine Gahimbare)

Dans la ville de Bujumbura, nous avons visité différents endroits publics. Le constat est qu’il n’y a pas de rigueur quant à la mise en application des mesures de prévention de la Covid-19. Eric Nizigiyimana, chauffeur de taxi vélo rencontré au parking du marché Cotebu dit qu’il ne pourrait pas protéger son client et se protéger car il lui est difficile de garder le masque pendant qu’il conduit alors qu’il a des essoufflements. « En outre, la manière dont je ramasse les clients ici et là en toute hâte ne me permet pas de leur demander de se laver les mains, je pourrais peut-être utiliser un désinfectant», a-t-il dit.
A ce parking, il est érigé une corde qui sert de barrière pour que tous les usagers de ce parking entrent par les voies où sont installés le nécessaire pour se laver les mains. Toutefois, le lavage des mains n’est pas actuellement une rigueur. En face de ce parking qui se trouve au marché de Cotebu, les seaux d’eau et le savon qui étaient aux différentes entrées du marché, n’y étaient pas le mercredi 22 octobre 2020 lors de notre passage à ce marché.
A l’Hôpital militaire, il est strictement interdit d’entrer sans se laver les mains et sans avoir un masque. Ce dernier est commercialisé à l’entrée mais une fois à l’intérieur de l’hôpital, le port du masque n’est pas obligatoire et les visiteurs se demandent si ce n’est pas une spéculation pour faire écouler les masques. Au marché de Kinindo, à l’entrée donnant sur l’Avenue du large, le dispositif de lavage des mains est bien installé mais seules trois personnes sur 10 se lavent les mains avant d’entrer.
Ne pas baisser la garde
Joseph Martin Bucumi, administrateur de la commune Ngozi s’est réjoui que toute la population est sensibilisée sur la pandémie de Covid-19 et est informée de la façon de s’en prévenir. «La population locale se salue par un signe de paix mais la distanciation physique dans les lieux publics comme les marchés est encore problématique sauf dans les églises où l’autorité compétente à dû augmenter le nombre de messes dominicales», a-t-il dit. Il a demandé à la population de continuer de se prévenir de la Covid-19 car la pandémie sévit encore et emporte des vies humaines dans les autres pays et même dans les pays limitrophes. Le même conseil est donné par le médecin directeur de l’Hôpital autonome de Ngozi, Guillaume Ntawukuriryayo. Il a indiqué que depuis le mois de juillet 2020, l’Hôpital de Ngozi a commencé à recevoir des cas de Covid-19. Il a mentionné que 14 cas ont été traités et guéris. «Le dernier cas a été testé négatif au début du mois de septembre 2020. Actuellement, il y a une accalmie au niveau de notre institution, il n’y a aucun patient qui est sous surveillance mais ce n’est pas une raison pour dire que la maladie n’existe plus».
Selon Dr. Ntawukuriryayo, l’Hôpital de Ngozi est bien préparé pour faire face à la pandémie. Le médecin directeur de l’Hôpital autonome de Ngozi a souligné que, grâce à la campagne du chef de l’Etat contre la Covid-19, des résultats positifs ont été atteints mais les gens ne devraient pas chanter victoire parce que la maladie existe toujours. «C’est un clin d’œil, il faut continuer d’observer les mesures de protection individuelle et collective», a-t-il dit.
Dans différents endroits de la ville de Ngozi, les postes de lavage des mains sont installés devant les magasins, les pharmacies, les boulangeries, à la paroisse catholique «Cœur immaculé de Marie», au bureau communal de Ngozi, etc. mais dans quelques endroits, il n’est pas utilisé. C’est le cas au parking situé tout près du marché central de Ngozi. Les seaux qui devraient contenir de l’eau étaient vides et les voyageurs entraient dans les voitures de type probox sans se laver les mains. Ledit marché est par contre doté d’un dispositif de lavage des mains à chaque entrée et un agent de sécurité veille à ce que celui qui veut entrer se laver les mains. A l’Ecole Ngozi I, le corps enseignant aide les élèves à observer les mesures préventives de Covid-19 mais il y a des défis. Frère André Nininahazwe, directeur de ladite école a fait savoir que la plupart des seaux utilisés dans le lavage des mains ont été abîmés et les élèves sont obligés de faire une longue file d’attente pour se laver les mains, ce qui retarde le début des cours. Aussi, 2 545 élèves fréquentent cette école où trois écoliers se partagent un banc pupître de telles condition liées à cet effectif élevé rendant impossible la distanciation physique.
Ne pas se nourrir d’illusion, la pandémie n’a pas été éradiquée
Au marché de la commune Mutaho enprovince de Gitega, il n’y a pas de dispositif de lavage des mains. Les gens se serrent la main et se rapprochent les uns des autres au restaurant comme dans le parking des motos et vélos. Un des visiteurs à ce marché nous a confié qu’au début de la pandémie, l’eau et le savon étaient disposés à l’entrée mais maintenant, ce n’est plus obligatoire selon lui. «Nous croyons d’ailleurs que l’épidémie a été éradiquée. Si on refusait de serrer la main de quelqu’un il pourrait croire qu’il est discriminé. Il faut des séances d’information sur l’état des lieux de cette pandémie», a-t-il dit. Un autre visiteur au même marché a soulevé la question du prix du savon connu sous l’appellation de savon «bururu» qui aurait été revu à la hausse. Au parking de Gitega, Jean Claude Nizigiyimana, l’un des responsables, a expliqué que les mesures de protection contre la Covid-19 ne sont pas observées à l’entrée qui donne sur la route goudronnée alors que c’est l’entrée principale utilisée par les bus de différentes agences de transport. « Les passagers qui se déplacent à bord des véhicules de type hiace ou probox se lavent les mains à l’entrée comme à la sortie alors qu’on ne maitrise pas le va-et-vient sur l’entrée utilisée par ces agences de transport», a-t-il dit.
Le gouverneur de la province de Gitega, Venant Manirambona, a rappelé que l’épidémie à coronavirus n’est pas éradiquée et que des visiteurs qui entrent au Burundi peuvent entrer avec cette maladie. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le district sanitaire et les agents de sécurité pour lutter contre la pandémie, car il y a des gens qui disent que cette maladie n’est plus un danger public. Nous continuons les sensibilisations pour conscientiser la population sur le fait que la maladie est toujours là. Ne pas serrer la main de l’autre reste difficile pour certains Burundais, nous allons continuer la sensibilisation». Concernant le prix du savon «bururu», il a indiqué que les commerçants peuvent faire des spéculations mais que la consigne est de payer le prix officiel et de dénoncer les vendeurs qui s’y opposent. Quant à l’observation des mesures préventives sur les parkings, le gouverneur Manirambona a souligné qu’au cours des réunions avec les différents intervenants, le comportement adéquat sera rappelé pour renforcer la prévention de la Covid-19 et pour que la maladie ne réapparaisse pas dans notre pays.
Dr. Salvator Toyi, médecin directeur de la province sanitaire de Gitega a abondé dans le même sens. Il a précisé qu’actuellement, dans cette province, il est question de suivre les mesures qui se trouvent dans les directives du président de la République. Selon lui, « dans cette province, il y a eu cinq cas de Covid-19 dont deux étaient référés des autres provinces. Depuis un mois et demi, il n’y a plus de cas testé positif ». Il a toutefois appelé la population à continuer de se protéger en éternuant dans la coude, en ne partageant pas les mêmes instruments comme le chalumeau, les verres et les gobelets, en se lavant fréquemment à l’eau propre et au savon.

Grâce-Divine Gahimbare

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