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L’usage du téléphone portable est en train de bouleverser les anciennes méthodes de communication au Burundi. Depuis l’ouverture du marché des télécommunications au Burundi en 1997, la téléphonie mobile connaît une croissance phénoménale à tel point qu’il est devenu l’un des biens de consommation les plus répandus dans notre pays. Plus de 45 pour cent de la population burundaise se servent aujourd’hui du téléphone mobile pour communiquer. Hier considéré comme réservé aux seuls nantis, le téléphone portable est en train d’occuper une place de choix dans notre société, en témoigne le marché de téléphonie mobile déjà concurrentiel dans notre pays. La technologie sans fil nous amène un large éventail de services notamment le paiement des services, la communication verbale et écrite etc. 

Le développement des populations locales est aujourd’hui facilité par l’usage de la technologie mobile. Des applications innovantes des technologies mobiles sont en train de contribuer au développement du Burundi. C’est notamment le cas de paiement des impôts et taxes sur mobiles. Aujourd’hui, les Burundais font des transferts d’argent grâce aux téléphones. La téléphonie mobile contribue beaucoup au développement des entreprises burundaises car celles-ci atteignent un plus grand marché d’écoulement de leurs produits. L’évolution technologique  facilite l’accessibilité aux informations commerciales, les transferts des fonds etc. Les partenaires au développement du Burundi : le pouvoir public, les banques et les industriels des téléphonies mobiles ainsi que les consommateurs ont un devoir commun de voir dans quelle mesure faut-il rendre optimale l’utilisation du téléphone.

Les Burundais devraient se réjouir de l’introduction déjà des services de banque mobile à l’instar Lumicash, Echocash, Akaravyo etc.Un grand nombre d’habitants des régions rurales isolées n’ont pas de compte en banque. La téléphonie mobile est comme un moyen particulièrement avantageux pour faire face à ce problème. Cette façon même de faire réduirait les coûts d’exploitation des institutions bancaires.Sur le plan économique, une étude réalisée en 2005 par Léonard Waverman de la London Business School a constaté que chaque ajout de 10 téléphones mobiles par 100 habitants dans un pays en développement, s’était traduit par une augmentation de 0,6 pour cent de la croissance du PIB de ce pays entre 1996 et 2003. Si aujourd’hui, le Projet Merankabandi a distribué 50 000 téléphones aux bénéficiaires de transfert des fonds évalués à 48 000 personnes nous devrions conclure que cette action a eu un impact positif évalué à 1,04 % sur la croissance économique de cet échantillon populaire.

Le système de transfert d’argent par mobile permet en effet aux clients de transférer de l’argent d’un téléphone cellulaire à un autre au lieu de passer par une banque. Le service s’adresse aux utilisateurs de téléphonie mobile qui n’ont pas suffisamment de moyens pour l’ouverture et la gestion des comptes bancaires.Afin de rendre optimale l’utilisation du téléphone au Burundi, les industriels feraient mieux de commander des téléphones ayant des facilités d’utilisation pour les analphabètes. Il faudrait, par exemple, des téléphones ayant une prise en charge des langues locales, des téléphones ayant des claviers protégés contre la poussière avec une autonomie importante et lampe de poche, des téléphones qui utilisent plus les symboles que les mots. La pénétration considérable de la téléphonie mobile au Burundi est encourageante à tel point qu’elle devrait inciter le gouvernement à élaborer des politiques nouvelles pour des solutions répondant aux besoins de la communauté et susceptibles de stimuler le développement du pays.

Nathan Ntahondi, Directeur de la Documentation

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