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Dossier> L’encadrement des jeunes sur la santé sexuelle

La première responsabilité incombe aux parents

 

DSC01109Dans le souci d’avoir une sexualité responsable, les jeunes doivent avoir des informations claires, sûres et fiables sur le comportement à adopter. A ce propos, les avis de certains parents divergent concernant l’encadrement des jeunes sur la sexualité. L’Abubef (Association burundaise pour le bien-être familial, quant à elle, précise que son souci est de voir les jeunes adopter une sexualité responsable. Cependant, cette association fait un clin d’œil aux parents que la première responsabilité incombe à eux. 

 

Anne Nirera est une jeune fille rencontrée à l’Abubef. Elle a fait savoir qu’elle a 15 ans. « Quand on est à l’école, nous faisons des débats en rapport avec la sexualité. A travers ces derniers, nous constatons que beaucoup d’entre nous n’osent pas échanger avec leurs parents sur la santé sexuelle. A leur tour, les parents font semblant d’être toujours occupés et de manquer par conséquent le temps pour dialoguer avec leurs enfants sur les sujets en rapport avec la sexualité », a indiqué Mlle Nirera. Celle-ci a ajouté que, par la suite, quand les enfants ne bénéficient pas d’informations provenant de leurs parents, ils s’arrangent pour les trouver. Elle a signalé que dans les groupes des pairs, les filles ou les garçons échangent sur ce qu’ils connaissent sur la sexualité. « Si par malheur, une fille ou un garçon échange avec d’autres qui ont de mauvais comportements, ils peuvent l’entraîner. Et, le jeune se trouve en train de faire une sexualité irresponsable qui peut même ruiner le reste de sa vie », a-t-elle ajouté.Notre source a indiqué que, pendant ces grandes vacances, elle a entendu parler de l’encadrement des jeunes dispensé par l’Abubef. Anne Nirera affirme que, une fois arrivée au sein de cette dernière, elle a reçu des informations suffisantes sur comment se comporter pour réussir une sexualité responsable. Elle a confirmé que beaucoup de jeunes qui fréquentent cette association témoignent qu’ils ont reçu des informations utiles pour savoir comment ils peuvent mener leur vie surtout pendant l’adolescence. Elle demande, pour ce faire, aux parents d’être toujours ouverts au dialogue avec leurs enfants au sujet de la sexualité. Elle rappelle qu’au cas contraire, les enfants peuvent chercher eux-mêmes auprès de leurs pairs des informations incertaines qui peuvent avoir des conséquences néfastes sur leur vie.Elle saisit l’occasion pour lancer un appel à tous les jeunes de s’informer auprès des gens qui ont des informations sûres concernant la santé sexuelle.

Les avis des parents divergent à propos de l’encadrement des jeunes sur la sexualité   

Dans un entretien qu’elle a accordé au quotidien « Le Renouveau », Godelieve Iranyibutse a fait savoir qu’elle n’apprécie pas certaines associations qui prétendent encadrer les jeunes sur la santé sexuelle alors qu’elles incitent ces derniers à se lancer dans le vagabondage sexuel : « Je suis scandalisée quand je constate certaines élèves en uniforme qui fréquentent certaines associations pour demander des services en rapport avec la santé reproductive. Avant d’accueillir ces élèves, ces associations devraient avoir l’avis de leurs parents. Je prends cela comme une incitation à la débauche à l’insu des parents », a-t-elle mentionné.Ce parent a ajouté que si ces associations étaient animées de bonne foi, ils devraient informer d’abord les parents sur ce qu’elles vont dispenser ou donner comme services ou informations chez les jeunes.      « Je pars d’un exemple d’un parent qui a constaté que sa fille est sur une méthode contraceptive après une grossesse qu’elle a eue alors qu’elle était encore à l’école. Ce parent a été choqué quand son enfant lui a dit qu’elle s’est rendue à l’Abubef pour demander cette méthode. Je demande aux responsables de telles associations d’être rigoureux en ce qui concerne les services qu’elles offrent aux élèves », a-t-elle suggéré.Cependant, un autre parent qui a gardé l’anonymat a affirmé que les sujets concernant la sexualité restent pour la plupart des parents des sujets tabous. « Beaucoup de parents prétextent qu’ils n’ont pas de temps pour échanger avec leurs enfants. Mais en réalité, ils sont en train d’échapper aux questions que ces enfants peuvent poser en rapport avec la sexualité. Ils préfèrent se taire. Mais, ils ne sont pas tranquilles quand ils voient que ces enfants grandissent. Je trouve normal quand je constate qu’il y a des associations qui prennent le soin de s’occuper de l’éducation sexuelle des jeunes. D’ailleurs, je suis contente de voir que les sujets tabous que les parents n’osent pas échanger avec leurs enfants sont touchés par ces associations. J’ai aussi entendu que les jeunes sont à l’aise quand ils s’expriment au sujet de la sexualité au moment où ils suivent les séances d’information dispensées par ces associations », a souligné notre source.Elle a, pour ce faire, demandé aux jeunes de tirer profit de cet encadrement en donnant de vraies informations aux autres qui n’ont pas eu la chance de suivre ces séances. Elle fait un clin d’œil aux parents que ce sont eux-mêmes qui devraient donner de vraies informations à leurs enfants sur la sexualité. Au cas contraire, au lieu de critiquer certaines associations qui organisent des séances d’encadrement, ils doivent par contre encourager leurs enfants à fréquenter ces associations afin d’avoir des informations sûres qui leur permettent d’avoir une sexualité responsable.

L’Abubef aide les jeunes à adopter une sexualité responsable

La directrice exécutive de l’Abubef (Association burundaise pour le bien-être familial), Donavine Uwimana a fait savoir que l’encadrement des jeunes est l’un des axes d’intervention stratégiques de cette association. Depuis la création de cette dernière, elle cible les jeunes dans le cadre de l’information, l’éducation et le changement de comportement en matière de la santé de la reproduction et dans l’offre des services de santé sexuelle adaptés à leur âge allant de 10 à 24 ans. Elle a indiqué que l’Abubef fournit des informations aux jeunes au niveau communautaire, mais aussi dans les centres attractifs pour jeunes qui sont intégrés dans les cliniques fixes de cette association. Au cours de cet encadrement, Mme Uwimana a précisé que l’Abubef forme  les jeunes pairs éducateurs sur la santé sexuelle et reproductive en mettant un accent particulier sur les comportements responsables adaptés à la culture burundaise. Elle a ajouté que cette association accueille les jeunes entre 10 et 24 ans qui ont besoin des informations en rapport avec la santé sexuelle. Et en cas de besoin, elle donne des services à certains jeunes qu’elle juge en avoir besoin.Elle a dit qu’en 2016, l’Abubef a accueilli 2 000 jeunes scolarisés et non scolarisés. Mais que ces derniers sont encadrés différemment selon leur capacité de compréhension. Quant aux parents qui se lamentent que l’Abubef incite les jeunes au vagabondage sexuel, elle a rappelé que le souci de ladite association est de voir les jeunes adopter une sexualité responsable qui est aussi adaptée à la culture burundaise. Pour ce faire, compte tenu de sa mission, a-t-elle expliqué, elle ne peut pas inciter les jeunes à se lancer dans une sexualité irresponsable.Mme Uwimana a profité de cette occasion pour faire un clin d’œil à tous les parents de commencer un dialogue avec leurs enfants depuis le bas âge. Dans ce cas, il leur sera facile d’échanger sur la sexualité sans aucun problème. Elle a enfin interpellé tous les jeunes à éviter de ramasser n’importe quelle information concernant la sexualité. Pour ce faire, elle leur demande d’approcher leurs parents afin d’avoir de vraies informations. Au cas contraire, elle leur suggère de fréquenter les centres qui encadrent les jeunes sur ledit sujet. Comme cela, ils évitent des comportements à risque qui peuvent même ruiner leur vie.         

Rose Mpekerimana

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