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BUBANZA> Réunion du président de l’Assemblée nationale avec les natifs des communes Bubanza et Musigati

Au cœur des échanges, la sécurité et le développement

Le président de l’Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, accompagné des députés et sénateurs élus dans la circonscription de Bubanza, a tenu une réunion à l’intention des natifs des communes Musigati et Bubanza de la province de Bubanza, le mardi 12 janvier 2016 au chef lieu de la province. Dans son allocution, Pascal Nyabenda a remercié la population de la province pour leur contribution dans le maintien de la paix et la sécurité. « Les natifs de la province de Bubanza ont déjà compris qu’ils doivent vivre ensemble dans la paix et la sécurité », a-t-il affirmé.

01AD01Comme le gouverneur qui a indiqué que la sécurité est généralement bonne dans toute la province, le président de l’Assemblée nationale se dit satisfait du comportement d’unité qui a généralement caractérisé la population de la province. « En tant que dirigeant ressortissant de la province, nous sommes réconfortés de voir que notre province a déjà franchi le cap de manipulation et est déterminée à préserver la sérénité, la paix et la quiétude », a affirmé Pascal Nyabenda. Il a néanmoins fait remarquer que quelques cas de dérapages se sont observés dans la commune Gihanga avec le kidnapping des personnes dont la libération était conditionnée par le versement de rançon.
Dans son mot liminaire le gouverneur de la province de Bubanza a cependant indiqué qu’un cas de suicide a été signalé dans la commune Mpanda. Des pluies torrentielles qui se sont abattues sur les communes Musigati et Bubanza seront à l’origine de la perturbation de la sécurité alimentaire suite à une mauvaise récolte de haricot dans ces communes. Néanmoins, souligne le gouverneur, la récolte de maïs sera abondante dans toute la province.

Du dialogue inter Burundais
Selon Pascal Nyabenda, les accords d’Arusha constituent une fondation visant la gestion équitable du pays. C’est pour cette raison que le gouvernement insiste pour que tous les Burundais puissent contribuer dans le dialogue inter burundais. Le quota ethnique a permis de consolider la confiance et l’unité entre les Burundais et a conduit vers la réconciliation. Pour lui, cela fait que tous les Burundais dans leurs différences ethniques puissent être représentés dans la gestion du pays. «Les instances comme la Ceni et la Cour constitutionnelle veillent à ce que les différents équilibres soient constamment respectés».
Il a profité de cette occasion pour appeler la population à répondre massivement au dialogue inter Burundais qui se tiendra à l’intérieur comme à l’extérieur du pays du moment où elle sera appelée à donner sa contribution.

Ne pas baisser les bras en matière de travaux communautaires
Parlant du développement, le président de la chambre basse du Parlement a dit : «Nous devons en tant que natifs, être solidaires si nous voulons que notre province puisse se développer dans tous les domaines de la vie. Nous sommes en arrière alors que notre province possède des atouts énormes dont sa proximité avec la capitale Bujumbura». Il a appelé les administrateurs communaux à bien planifier pour consommer les 500 millions de francs que le gouvernement compte allouer au développement des communes. « Tous les domaines de la vie de la commune devront être couverts », insiste Pascal Nyabenda qui fait un clin d’œil aux administratifs de ne pas baisser les bras en matière des travaux communautaires.
Pour lui, cet argent nécessite une minutieuse et parfaite planification afin de remplir les conditions de décaissement exigées. Face à l’inquiétude due au manque du personnel qualifié en matière de planification et d’élaboration des projets, M. Nyabenda trouve que la décentralisation des fonds devrait s’accompagner par la décentralisation des ressources humaines qualifiées en la matière au risque de voir le budget tomber en annulation suite à une mauvaise planification. Il a promis de plaider à ce que le personnel qualifié du ministère des Finances puisse être décentralisé afin d’appuyer les communes.
Parlant des infrastructures et du commerce, Pascal Nyabenda appelle les ressortissants de la province à investir pour que cette dernière attire les visiteurs et tire profit de sa proximité de la capitale Bujumbura. «Nous avons des infrastructures pouvant attirer les visiteurs au moment où d’autres provinces ont marqué un pas de géant dans ce domaine. Nous n’avons pas de commerçants qui font du commerce extérieur ou un commerce spécialisé en construction et d’autres domaines commerciaux», a-t-il fait remarquer. Il trouve que c’est un défi énorme car l’argent qui est destiné aux communes devrait rehausser le commerce interne de la commune et à la limite de la province. Dans le monde actuel, il est difficile de se développer seul. Le député Nyabenda appelle à l’unité des capitaux afin que l’argent investi dans les communes puisse contribuer à rehausser le niveau de vie des populations locales par la création d’emplois et à lutter contre le chômage.

L’augmentation de la population, un problème nationale
Au chapitre de la santé, une augmentation exponentielle de la population inquiète le gouverneur qui indique pour que le seul mois de décembre, 400 naissances ont été enregistrées. Il a sollicité l’appui des parlementaires dans la sensibilisation de la population afin de réduire cette augmentation de la population. A ses yeux, la croissance démographique risque d’anéantir tous les efforts fournis par le gouvernement dans sa politique éducative et sanitaire. Cette augmentation, dit le gouverneur, nourrit les tensions sociales basées sur les conflits fonciers.
Pour le président de l’Assemblée nationale, la croissance de la population est un problème national. Légiférer en la matière n’est pas chose aisée, dit-il, car cela concerne une sensibilisation accrue pour conscientiser et responsabiliser la population afin de ne pas confondre les mesures d’allègement prises par le gouvernement à un laisser faire. Il est primordial que les gens comprennent que le rythme actuel de reproduction doit impérativement diminuer au risque de compromettre l’avenir des générations futures.

Les responsables éducatifs appelés à redoubler d’effort
En matière d’éducation, le gouverneur a indiqué que les défis auxquels la province fait face sont d’ordre général dans tous le pays. Il s’agit de l’orientation des élèves qui termine la classe de 9e et de 10e dont 60% des effectifs seront orientés et d’autres devant emprunter le chemin de l’enseignement des métiers. Il a appelé les responsables éducatifs à redoubler d’effort pour améliorer les résultats au test afin qu’un maximum d’élèves puissent être orientés d’autant plus que les infrastructures d’accueil de ceux qui devront faire l’enseignement ne sont pas suffisantes.
Evoquant les projets des communes Musgati et Bubanza, le gouverneur Niyongabo a indiqué que dans la commune Bubanza, la construction du village de paix de Kizina avance bien. La construction des réseaux d’eau, des ponts, 12 salles de classes, un centre d’énergie éolienne à Ngara ainsi que la construction des centres d’enseignement des métiers sont sur l’agenda 2016. Pour la commune Musigati, c’est entre autres, l’achèvement des travaux de construction de l’immeuble de deux étages qui abritera la commune et différents bureaux des structures décentralisées qui n’ont pas où travailler. Dix neuf salles de classes sont également en construction ainsi qu’un conduit d’eau. Le projet de construction d’un centre d’enseignement des métiers est également planifié pour l’exercice 2016.

De l’aide aux vulnérables.
Après la réunion, le président de l’Assemblée nationale a remis des téléphones portables aux chefs des collines qui composent la province de Bubanza. Il leur a indiqué que c’est un outil de travail dont il faut faire bon usage, de ne pas le vendre pour une raison ou une autre. « Ces téléphones ont été achetés par les parlementaires en vue de vous faciliter la communication particulièrement dans le renforcement de la paix et la sécurité sur vos collines et devront être cédés à vos successeurs en cas de cessation de vos fonctions », a dit Pascal Nyabenda. Enfin, 120 personnes vulnérables ont reçu de la part du président de l’Assemblée nationale une aide composée de 5 kg de riz ou de haricot, un pagne et une houe en guise de soutien.

Charles Makoto

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